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Grand Hôtel Belle Vue
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L'histoire
Le Grand Hôtel Belle Vue est un jalon dans l'histoire du tourisme de Middelkerke et Westende. Il a été dessiné par le fameux architecte Art nouveau Octave Van Rysselberghe. Le bâtiment a été classé et restauré dans le style d'origine. Construit en 1909, il est le seul bâtiment de Westende-Bad à avoir survécu à la Première Guerre mondiale, grâce à l'utilisation de béton armé. De nombreux membres de la famille royale y ont passé leurs vacances dans l'entre-deux-guerres.
Durant la première décennie du 20e siècle, il devint évident que Westende avait besoin d'un second grand hôtel. Le Westend Hotel situé au centre de la station balnéaire ne pouvait plus faire face à la demande de séjours. En 1909, la "S.A. Grand Hotel Bellevue" fut créée en vue de construire le second hôtel sur la digue. Les principaux actionnaires étaient Max Hallet, le vice-gouverneur du Congo, Francis Dhanis et l'architecte Octave van Rysselberghe, qui dessina les plans du nouveau complexe. Celui-ci devait sa réputation aux travaux qu'il effectuait alors pour la Compagnie des Grands-Hôtels Européens. Il réalisa notamment pour cette société le Royal Palace Hotel à Ostende et le Rivièra Palace Hôtel à Beausoleil.
L'architecte
Octave van Rysselberghe (1855 – 1929)
construisit au début de sa carrière divers hôtels de ville à Bruxelles . D'abord dans un style classique à l'italienne, plus tard dans le style moderne Art Nouveau, en collaboration avec l'architecte Henry van de Velde. Les principes de l'Art Nouveau apparaissent le plus clairement dans la maison de maître qu'il dessina en 1894 pour l'homme d'affaires Paul Otlet. Lorsqu'il travaillait pour la Compagnie des Grands-Hôtels, aux alentours de 1900, son style semblait se scléroser. Toutefois, lorsqu'il entra dans le projet de Westende en 1903, son style connut une évolution marquante. Si son Kursaal, réalisé en 1904, était encore réalisé dans un style rustique, l'unique Grand Hotel Belle Vue allait devenir la première et la plus extrême illustration de ses nouveaux principes de formes rationnels. Van Rysselberghe créa un bâtiment rectangulaire qui se terminait à l'est par une annexe en demi-cercle. Le mode de construction était moderne, lui aussi : un squelette en béton armé était recouvert de plaques en pierre naturelle entre lesquelles les joints étaient peints dans une couleur contrastante. L'aménagement intérieur de l'hôtel se voyait à l'extérieur : chaque chambre avait une loggia et l'on distinguait les cages d'escalier grâce à la disposition des fenêtres.
Au rez-de-chaussée, le hall central permettait d’accéder à l'escalier monumental en marbre à côté de l'ascenseur, au restaurant, à la salle des fêtes avec ses pièces de service, au bar et à la salle du courrier. La salle du petit déjeuner - qui faisait également café- était située du côté de la mer. Par beau temps, on ouvrait les fenêtres donnant sur la terrasse. La spacieuse salle des fêtes se trouvait au cœur de l'édifice. L'immense salle était divisée par des colonnes doubles et le plafond à caissons comptait six lanterneaux carrés. Du côté le plus étroit se trouvait un podium.
'Le Rotonde'
Le restaurant "Rotonde" tire son nom de l'annexe arrondie. Onze colonnes fantaisie d'inspiration classique disposées en courbe divisent la salle en deux demi-cercles. Selon toute vraisemblance, van Rysselberghe a dessiné la Rotonde en s'inspirant du restaurant que son collègue Edouard Niermans dessina pour l'Hotel du Palais à Biarritz. La salle hémisphérique possédait aussi de fines colonnes blanches, quant à elles de style égyptien. La décoration et l'aménagement du Grand Hotel Bellevue étaient très classiques par rapport à l'extérieur avant-gardiste. L'ensemble témoignait des influences des voyages lointains de Rysselberghe en Italie – comme les éléments classiques d'Andrea Palladio : l'équilibre sobre de l'édifice et les fenêtres en trois parties par exemple. Certains éléments rappellent même la construction des palais marocains, comme les balustrades "en dentelle" et le rythme presque mathématique des façades.
Le toit plat fut aménagé en terrasse, offrant un superbe panorama sur la mer et les dunes. Pour distraire les clients, des concerts et soirées dansantes étaient organisés dans la salle des fêtes. Au café situé côté mer, l'on pouvait savourer un thé l’après-midi. On pouvait jouer au golf à moins de deux kilomètres de là. La plage privée réservée aux clients située devant l'hôtel était rapidement accessible via un escalier creusé dans la digue. L’arrêt "Westende Bellevue", où le tram d'Ostende s'arrête toujours aujourd'hui, avait été prévue spécialement tout près de l'hôtel.
Luxe d'avant-guerre
L'inauguration eut lieu en juin 1911. 225 chambres, 2 ascenseurs et 16 bains d'eau de mer chaude étaient à la disposition des clients. L'hydrothérapie ‘avant la lettre' réservée à une clientèle fortunée. Westende fut détruit en grande partie pendant la Première Guerre mondiale. Le Bellevue a été fortement endommagé, mais a survécu aux combats. La reconstruction n'est pas restée tout à fait fidèle à l'état d'origine. C'est grâce à la construction en béton qu'une bonne partie du complexe a pu rester debout et que l'hôtel a pu être reconstruit. En 1922, la "Westendaise S.A. Foncière et Industrielle", qui possédait déjà le Westend Hotel, racheta le Bellevue et devint ainsi propriétaire des deux seuls grands hôtels de Westende.
‘Sur une plage en vogue … Dans un Palace renommé … Des appartements modernes … La vie confortable d'avant-guerre au prix d'avant guerre …'
C'est en ces termes qu'un texte accrocheur tentait d’attirer les touristes au Grand Hotel Bellevue. Pour la même raison, des courts de tennis furent aménagés en 1925. La Société faisait tout pour que Westende reste aussi mondaine que possible. Dans l'entre-deux-guerres, la station balnéaire (de) fit alors fonction de "plage d'élite". Durant cette période, de nombreux membres de la famille royale et leur cour occupèrent les suites d'hôtel et passèrent leurs vacances dans le prestigieux Bellevue. La présence de cette clientèle royale constituait un charme supplémentaire pour la grande bourgeoisie, qui s'installait à l'hôtel et aimait profiter un peu de ce climat princier.
Il était évidemment assez coûteux de séjourner dans un tel établissement ; une chambre avec bain et toilettes coûtait pas moins de 25 francs par nuit (ce qui correspondrait aujourd’hui à environ 6 000 francs belges ou € 150). Après la haute saison, qui allait du 15 juillet au 1er septembre, de sérieuses réductions étaient toutefois accordées.
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